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Polio et Post-polio

La poliomyélite et ses épidémies

Les attaques de poliomyélite dans le monde aujourd’hui

Les effets tardifs de la poliomyélite

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La poliomyélite et ses épidémies

La poliomyélite, une maladie neuromusculaire également connue sous le nom de paralysie infantile, est causée par le virus de la polio dont on distingue trois types différents. L’infection se transmet par voie fécalo-orale. Le virus se reproduit dans le conduit gastrointestinal et se propage dans le corps par le sang. Dans 1 à 2% des infections, le poliovirus envahit les cellules nerveuses (les motoneurones) de la moelle épinière. Les muscles correspondants aux cellules nerveuses endommagées ou détruites ne peuvent plus fonctionner normalement, ce qui occasionne une faiblesse ou une paralysie des membres et, parfois, des muscles de la parole, de la déglutition ou des fonctions respiratoires.

La poliomyélite date d’au moins 1350 avant notre ère. Les plus grandes épidémies ont eu lieu à Stockholm en Suède (1887, 1905 et 1911) et dans le Vermont aux Etats-Unis (1894). En 1916, la grande épidémie de New York a fait 6 000 morts et a handicapé 27 000 personnes. Le nombre de cas rapportés dans les années 40 s’échelonne de 4 167 en 1942 à 42 033 en 1949. Le plus grand nombre de cas rapportés aux Etats-Unis fut de 58 000 en 1952.

Le vaccin mis au point par Jonas E. Salk fut exploité en 1955. Ce vaccin utilisait le virus de la polio (IPV) tué/inactivé. Le vaccin oral contre la polio (OPV) mis au point par Albert B. Sabin qui utilisait le virus de la polio vivant/atténué fut avalisé en 1962.


Les attaques de poliomyélite dans le monde aujourd’hui

Depuis août 2002, 483 nouveaux cas de poliomyélite ont été diagnostiqués par les services officiels des pays du monde entier. Il est à noter toutefois que certains cas ne sont pas recensés. 2005 est l’année où l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) prévoit l’éradication mondiale de la polio. Une région éradiquée est déclarée exempte de risques de polio. A ce jour, l’Amérique (environ 36 pays), l’Ouest Pacifique (37 pays et régions y compris la Chine) et l’Europe de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) ont été déclarées exempts de polio. On a répertorié de nouveaux cas de polio uniquement en Afrique et en Asie du Sud. Vers la fin 2002 une résurgence de la polio est apparue dans le Nord de l’Inde avec 1 554 cas recensés sur tout le territoire.

Le dernier cas de polio aiguë dans l’hémisphère ouest dû au virus dit «sauvage» (qui se développe dans l’environnement de manière naturelle) a été rapporté au Pérou en 1991. Dans la dernière moitié de l’an 2000, sept cas de poliomyélite confirmés en laboratoire furent rapportés en République Dominicaine et à Haïti. Ce virus isolé est rare puisqu’il s’agit d’un dérivé du vaccin oral contre le poliovirus (OPV). Des campagnes massives de vaccination ont été mises en place dans ces deux pays.

Tous les nouveaux cas de poliomyélite rapportés depuis 1979 aux Etats-Unis sont dus au vaccin oral de la polio (OPV), le vaccin dit vivant/atténué. Les cas, liés au vaccin, confirmés en 1995, 1996, 1997 et 1998 étaient de respectivement 6, 5, 3 et 1. En conséquence de ces cas, l’Acte National de 1986 des Lésions dues aux Vaccins Infantiles (PL-99-660) a mis en place une compensation à responsabilité nulle pour contrecarrer les éventuels procès contre les fabricants. Le Centre de Contrôle des Maladies et de la Prévention ainsi que l’Administration Fédérale des Drogues ont mis au point un Système de Report en cas de Vaccin Défavorable (VAERS) pour enregistrer les réactions aux différents vaccins.

Dans un effort pour enrayer le nombre de cas de polio associés aux vaccins causés en particulier par le vaccin oral, Le Comité de Conseils Américain pour les Pratiques d’Immunisation (ACIP) a changé sa ligne de conduite concernant la vaccination de la polio au début de 1997, puis en juin 1999. C’est en janvier 2000 qu’a pris effet l’immunisation recommandée par IPV, le vaccin par le virus tué/inactivé. Depuis 1999, aucun cas de polio aiguë n’a été rapporté aux Etats-Unis.

L’OMS a demandé une méthode de vaccination orale pour l’élimination complète du virus de la polio sur la surface du globe.

Le Danemark ont préconisé l’utilisation de vaccins injectés et/ou oraux. Les Pays-Bas et le Canada ont utilisé les injections uniquement. L’Australie, l’Allemagne, la Nouvelle Zélande, la Suisse et le Royaume-Uni ont utilisé le vaccin oral (sauf dans certains cas).


Les effets tardifs de la Poliomyélite

L’Organisation Mondiale pour la Santé estime à 20.000.000 le nombre des personnes ayant été touchées par la poliomyélite, encore en vie aujourd’hui.

Les chiffres préliminaires de l’enquête de la Santé Nationale (1996) estimaient qu’il y avait un million de survivants de la polio aux Etats-Unis.

Sur ce million de post-polios, aux Etats-Unis, 450.000 ont gardé une paralysie permanente, allant d’une dissymétrie dans la longueur des jambes qui entraîne une boiterie jusqu’à une paralysie des fonctions respiratoires demandant l’utilisation d’une aide à la respiration.

C’est en 1875 que fut rapporté dans des journaux médicaux le premier cas de faiblesse musculaire et d’atrophie, bien des années après la vague de poliomyélite aiguë.

Vers la fin des années 1970, les personnes ayant été atteintes de la polio ont commencé à se plaindre d’une fatigue accrue. Elles cherchaient des médecins compétents dans le suivi de leur maladie. Le nombre important des survivants de la polio après les épidémies des années 40 et 50 était tel que les professionnels de la santé ne pouvaient plus ignorer le problème.

Une fatigue anormale, une nouvelle faiblesse musculaire avec ou sans perte du volume musculaire ainsi que des douleurs musculaires avec d’éventuelles contractures sont les symptômes les plus fréquemment décrits. Il peut y avoir aussi des troubles du sommeil, des difficultés respiratoires, une intolérance au froid accrue, des douleurs articulaires et une perte d’autonomie pour faire face aux occupations quotidiennes.

Les recherches montrent que 120.000 à 180.000 survivants de la polio développeraient un «syndrome post-polio.» Le diagnostic est posé selon les critères suivants: une attaque antérieure de polio paralysante, une période de stabilité fonctionnelle, une nouvelle faiblesse progressive ou abrupte généralement accompagnée des problèmes de santé répertoriés plus haut, l’exclusion d’autres problèmes médicaux, orthopédiques et neurologiques qui pourraient entraîner des symptômes similaires.

Les cellules nerveuses endommagées par le virus de la polio lors de la période aiguë du développement du virus ont laissé les muscles orphelins et paralysés. Pendant la convalescence, les cellules nerveuses restantes ont «bourgeonné» et se sont connectées aux muscles orphelins. L’association muscle-nerf est appelée une unité moteur et l’explication la plus universellement admise concernant les nouvelles faiblesses musculaires est un dysfonctionnement de l’unité moteur.

Le traitement habituel d’un syndrome post-polio diagnostiqué est personnalisé à chaque patient et à chacun de ses symptômes. Les causes spécifiques des symptômes doivent être identifiées et traitées, voire enrayées. La cause principale est souvent la suractivité; mais l’absence d’activité peut également engendrer une nouvelle faiblesse.

Bien que certains médecins se basent uniquement sur les critères de diagnostic pour confirmer un «syndrome post-polio», un grand nombre de médecins et de patients admettent que la vieillesse peut entraîner des problèmes musculosqueletaux d’usure. Ainsi, quelque soit la cause ou l’étiquette apposée au diagnostic, les effets tardifs que rencontrent les survivants de la poliomyélite sont bien réels.

Des enquêtes faites auprès de patients montrent que certains changements dans le mode de vie apportent un mieux-être: de nouveaux moyens pour préserver l’énergie, l’emploi d’une aide ménagère, l’achat d’un équipement adapté, des modifications dans la maison, le ralentissement du travail et la mise en place d’un programme d’exercice physique.

On conseille aux post-polios d’évaluer l’énergie nécessaire à leurs activités quotidiennes, aussi bien à la maison qu’au travail et d’en modifier, le cas échéant, l’intensité et le rythme en utilisant des moyens et des aides matérielles qui préserveront leurs forces.

Le rôle joué par l’exercice physique est controversé. Des recherches récentes indiquent que des exercices doux, bien supervisés et à intervalles réguliers raffermissent sans causer de dégâts apparents. On a vivement recommandé aux post-polios de mieux écouter leur corps et d’être plus attentifs à la douleur. On leur conseille d’éviter les activités qui déclenchent douleurs et fatigue au bout de dix minutes.

Certaines recherches ont été effectuées sur les médicaments contre la fatigue musculaire. Aucun traitement probant n’a été découvert à ce jour.

En 1987, l’Administration en charge de la Sécurité Sociale a reconnu les effets tardifs de la poliomyélite et a mis en place des critères d’évaluation pour permettre aux patients de la polio de continuer à utiliser le Système Manuel du Programme des Opérations (POMS). Le numéro est DI 24580.010E.3.

Le premier juillet 2003, l’Administration de Sécurité Sociale a revalorisé la liste qui s’appelle à présent DI 24580.010 Evaluation des Conséquences de la Polio.

Les survivants de la polio peuvent également contracter d’autres maladies qui touchent la population générale. Une enquête a montré que 35% des individus qui se plaignent de problèmes post-polio souffrent aussi de diabète, de problèmes liés à l’obésité et ont un taux élevé de cholestérol.

En traitant d’autres problèmes, les malades de la polio doivent être avertis que certains médicaments ont des effets secondaires qui peuvent provoquer une faiblesse et de la fatigue; la prise de ces médicaments peut entraîner une sérieuse recrudescence des symptômes du post-polio. De plus, les personnes ayant eu la polio rapportent que la période de convalescence après une blessure, une opération chirurgicale ou toute autre maladie, est beaucoup plus longue que la normale. Il est judicieux pour les malades qui doivent subir une opération chirurgicale de discuter préalablement avec l’anesthésiste des risques encourus.

Bon nombre de patients se plaignent de ne pas trouver de personnel médical compétent dans le suivi de la polio. Grâce au bouche à oreille, de plus en plus de professionnels de la santé ont acquis une expertise dans ce domaine. Cependant, les patients doivent faire un travail sur eux-mêmes en écoutant leur corps, déterminer leurs propres ressources, et travailler en collaboration avec des professionnels à l’écoute.

Pour aider les patients ainsi que les professionnels de la santé, le Groupe International pour le Post-Polio (PHI) a rédigé un livre, Handbook on the Late Effects of Poliomyelitis for Physicians and Survivors (édition corrigée, 1999). PHI publie également le journal Post-Polio Health (précédemment Polio Network News) et, dans le Post-Polio Directory, sont répertoriés les cliniques, les professionnels de la santé et les groupes de soutien.

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